À Mandeure, le camping municipal n’est plus seulement une adresse de vacances. La mairie a lancé un dossier qui mélange exploitation touristique, occupation du domaine public et continuité de service, avec une partie du site déjà calibrée pour les camping-cars et le reste confié à un prestataire distinct.
Un site qui reste l’un des meilleurs points d’accroche touristiques du secteur
Les Grands Ansanges bénéficient d’un emplacement rare : au bord du Doubs, dans un site verdoyant, à proximité du théâtre antique et des circuits vélo et randonnée. La fiche tourisme du Doubs évoque aussi une ouverture saisonnière du 15 avril au 30 septembre et une exploitation pensée pour la réservation.
Ce positionnement compte. Un camping de passage ne vit pas seulement de ses emplacements. Il vit de sa capacité à capter des courts séjours, des cyclotouristes et des automobilistes qui cherchent une étape simple, lisible et bien placée.
Le cœur du dossier, c’est une exploitation en deux temps
L’avis publié par la Ville est explicite. La manifestation d’intérêt de Camping-Car Park concerne 76 emplacements nus sur un total de 96 emplacements, dont 4 mobil-homes. Elle ne donne pas l’exclusivité du camping municipal, puisque l’accueil, l’animation et l’entretien doivent rester gérés par un autre prestataire.
Autrement dit, la commune ne cherche pas un simple gestionnaire saisonnier. Elle met en place un montage hybride, avec une aire pour véhicules de loisirs d’un côté et une exploitation de camping de l’autre. Les bornes d’entrée, de sortie, d’eau et d’électricité ont déjà été installées, ce qui montre que le dossier est entré dans une phase concrète.
Dans ce type de configuration, les candidats doivent répondre à trois attentes très concrètes :
- faire tourner l’accueil au quotidien, avec une présence réelle sur le site ;
- animer un lieu de passage, pas seulement ouvrir une grille ;
- tenir un modèle économique lisible, car le site ne repose pas sur une seule logique d’hébergement.
Pourquoi la mairie avance avec autant de prudence
Le passé récent explique beaucoup. En mai 2022, le conseil municipal a détaillé la liquidation judiciaire du gérant de l’époque et la difficulté à assurer la continuité du service public. Les élus évoquaient alors un manque de chiffres, le coût du permis d’exploitation et une assurance lourde pour un camping situé en zone inondable.
Depuis, la Ville a multiplié les reconfigurations. En 2023, elle a attribué la gestion, l’exploitation et l’entretien du camping à Terranimée et Camping-Car Park. Fin 2025, un avis de publicité était encore publié pour une occupation temporaire à compter du 1er janvier 2026, pour une durée de six ans.
Ce que ce choix dit du camping municipal de demain
À Mandeure, la vraie question n’est plus seulement de trouver un nom. C’est de savoir quel profil peut faire vivre un site municipal dans un contexte où la saison est courte, où la clientèle veut de la souplesse et où la partie camping-car devient un levier à part entière. Le site est déjà présenté par la Ville comme exploité par un professionnel, ce qui confirme que l’on bascule vers un pilotage plus technique que sentimental.
Pour le Pays de Montbéliard, l’enjeu est simple : transformer Les Grands Ansanges en atout durable, pas en dossier administratif à répétition. Si le bon modèle prend, le camping peut redevenir une porte d’entrée utile pour le tourisme local. Et vous, ce format hybride vous paraît-il plus solide qu’un camping municipal classique ?




